Le Haut Vallespir
Vous entrez dans un territoire pyrénéen de légendes et de mystères.
On y monte jusqu’à 2465m et la frontière avec l’Espagne en a fait, des siècles durant, le repaire des contrebandiers et la hantise du royaume de France.
Insoumis, frondeurs, les habitants se sont rebellés jadis contre la gabelle et de nos jours devant le projet d’une ligne de construction d’une ligne à Très Haute Tension (THT). Des luttes qui rendent ce peuple uni, solidaire, que ce soit avec le catalan de souche ou le nouveau venu. L’amitié est franche et l’on est prêt à partager les immenses richesses de ce territoire. À commencer par une nature exubérante, royaume des amateurs de champignons à l’automne, entre conifères, châtaigniers et pâturages. Et parfois étonnante comme quelques kilomètres au dessus d’Arles-sur-Tech avec les Gorges de la Fou, les plus étroites du monde. Vous remontez ensuite la route du fer près des anciennes mines d’extraction de Batère. Pour leur patrimoine et leur panorama, ces communes valent le détour : Corsavy et Montferrer. Plus haut dans la vallée, deux villages ont connu une grande activité économique dans le passé : Prats-de-Mollo et Saint-Laurent-de-Cerdans. Filature, forge et agriculture pour le premier. Ateliers de tissage et usines de confection d’espadrilles pour le second. Au début du XXe siècle, cette dernière activité occupait encore près d’un millier de laurentins. Car il n’est de sardane sans vigatanes. Cette variante de l’espadrille aux longs lacets et à la semelle de corde tressée a longtemps été la chaussure « officielle » du catalan. Aujourd’hui, elle se porte aux beaux jours et serait même devenu très « tendance » à l’image de tous les produits identitaires dont l’usine de tissage « Les Toiles du Soleil » est le moteur à Saint-Laurent comme sur l’ensemble du pays catalan. A Prats-de-Mollo, entre les fortifications de Vauban, le fort Lagarde inséré dans un impressionnant cirque de montagnes, on est bien gardé. Et à 750 mètres d’altitude, on cultive ici l’art du bien être en associant thermalisme, air pur, randonnées et gastronomie. Son caractère entier et enjoué s’apprécie au mois de février au moment de la fête de l’ours, dont les origines païennes se perdent dans la nuit des temps. Enfin, la vieille ville recèle des trésors comme son imposante église (XIIIe et XVIIe siècles) ornée d’un curieux ex-voto (un os de baleine de 2 mètres planté dans le mur !). Et comme l’on a pas fini d’être surpris sur ces hauteurs du Vallespir, il ne faut pas manquer une autre curiosité : le « conjurador » de Serralongue. Un édifice carré, à quatre ouvertures qui accueillait des statues d’évangélistes et où les prêtres venaient prier afin de conjurer le mauvais temps. L’église romane du village est également une petite merveille et son étonnant verrou sculpté à tête de dragon témoigne de la qualité de la ferronnerie catalane. On pourrait en dire tout autant au village frontalier de Coustouges avec sa remarquable église fortifiée du XIIe siècle au tympan foisonnant de sculptures ou de Lamanère avec son sentier qui vous amène jusqu’au château et aux tours Cabrenç, anciennes places fortes du Vallespir.